
Les chiffres de l'antisémitisme en France en 2025
Points clés du rapport
• Méthodologie / périmètre :
Les chiffres reposent sur des faits qualifiés (plaintes, mains courantes, saisines du parquet et constats officiels) ; ils constituent un indicateur robuste, mais en deçà de la réalité en raison de la sous-déclaration.
• Constat central 2025 :
1320 actes recensés en 2025, soit 110/mois et plus de 3,6/jours. L’antisémitisme se maintient à un niveau durablement élevé, confirmant le palier atteint en 2023–2024.
1320
ACTES ANTISEMITES EN 2025
110
ACTES PAR MOIS
3,6
ACTES PAR JOUR
• Faits antireligieux :
L’antisémitisme occupe une place centrale : 53 % de l’ensemble des faits antireligieux sont des actes antisémites, alors même que la population juive en France représente moins de 1 %, révélant un niveau de ciblage hors proportion.
• Cible prioritaire :
Les personnes demeurent la cible principale des actes antisémites : 67,4 % en 2025.
• Durcissement des violences :
Les violences physiques atteignent 126 faits en 2025 (14,2 %), au-dessus de 2024 (106, 10,4 %).
• L’antisémitisme du quotidien :
La sphère privée constitue le premier lieu touché (30,5 %), la voie publique (17,8 %) et les lieux publics (14,1 %) restent également fortement impactés, affectant le quotidien des victimes (domicile, travail, commerces, transports…).
67,4 %
ATTEINTES AUX PERSONNES
126
VIOLENCES PHYSIQUES
30,5 %
DANS LA SPHERE PRIVEE
• Diffusion territoriale :
Les actes antisémites concernent presque l’ensemble du territoire national, 431 communes et 88/101 départements en 2025.
431
COMMUNES TOUCHEES
88
DEPARTEMENTS SUR 101
87 %
DU TERRITOIRE NATIONAL
• Facteur structurant / rhétorique anti-israélienne :
La rhétorique anti-israélienne (Gaza, « Intifada », « génocide »…) apparaît dans près d’un tiers des actes recensés (388/1320), parmi les situations suffisamment documentées quant aux propos, ce qui suggère une influence probablement sous-estimée ; parmi ces 388 actes, 45 comportent également une apologie du djihadisme et 74 une apologie du nazisme, illustrant un durcissement et une radicalisation des registres mobilisés.
• Signaux inquiétants / radicalisation :
Des signaux préoccupants sont observés, avec ponctuellement une instrumentalisation religieuse et des marqueurs de radicalisation, notamment dans un registre islamiste et via des dynamiques en ligne.
• Focus école :
Phénomène massif et sous-documenté (écart entre plaintes et signalements internes ; hausse au lycée et dans le supérieur).
• Focus en ligne :
Haine antijuive très présente, mais données partielles (de nombreux contenus échappent à une procédure pénale).
• Discriminations :
Une dynamique préoccupante s’installe dans la vie professionnelle et sociale : multiplication de signalements de refus de service, refus de contrat, exclusions ou entraves d’accès à certains biens et services, souvent sans dépôt de plainte, donc imparfaitement mesurée mais ressentie comme un phénomène en extension.
En 2025, les données montrent un antisémitisme
quotidien, durablement installé,
diffus sur le territoire et de plus en plus violent.
Chiffres de l’antisémitisme en France en 2025
Méthodologie de collecte
Le recensement des actes antisémites vise à documenter rigoureusement l’évolution du phénomène. Il repose sur une méthodologie de qualification stricte et harmonisée avec les services de l’État : seuls sont intégrés au décompte les faits pour lesquels le caractère antisémite est retenu au regard des éléments disponibles ; les signalements dont la motivation antisémite ne peut être établie ou retenue ne sont pas comptabilisés.
Mandaté par les institutions de la communauté juive, le SPCJ assure le recensement officiel des actes antisémites en France, en coopération étroite avec les services de l’État, notamment la Direction Nationale du Renseignement Territorial (DNRT), afin de garantir une approche concertée et cohérente. Sont comptabilisés uniquement les faits ayant donné lieu à une plainte, une main courante ou une saisie du parquet, ainsi que ceux constatés officiellement (flagrance/constatation par un OPJ ou une personne habilitée). Cette exigence implique que de nombreux signalements ne sont pas intégrés : les chiffres présentés constituent donc un indicateur robuste ne représentant toutefois qu’un échantillon quantitatif, en deçà de la réalité du phénomène. Ils permettent néanmoins de dégager des tendances structurantes.
En 2025, 1320 actes antisémites ont été recensés en France, après les 1570 actes enregistrés en 2024. La moyenne mensuelle demeure à un niveau durablement élevé, avec environ 110 actes par mois, soit en moyenne plus de 3,6 actes antisémites par jour, confirmant le palier inédit atteint en 2023–2024 : l’antisémitisme s’est installé dans la durée, avec une intensité qui ne faiblit pas.
Au-delà du volume, la lecture des faits antireligieux met en évidence une réalité structurante : l’antisémitisme occupe une place centrale. En 2025, les actes antisémites représentent ~53 % de l’ensemble des faits antireligieux, alors même que la population juive en France constitue une minorité numériquement très faible (moins de 1 %).
Loin d’un phénomène ponctuel ou conjoncturel, ces chiffres témoignent d’un antisémitisme de haute intensité, désormais inscrit dans le quotidien, qui continue de structurer la vie des Juifs de France : à la maison, à l’école, au travail, dans les transports, sur les réseaux sociaux, comme au sein même des lieux communautaires.
Au coeur de cette dynamique d’hostilité à l’égard des Juifs, la rhétorique anti-israélienne joue un rôle de catalyseur central. Devenue à la fois plus visible et plus banalisée, elle irrigue une part significative des incidents recensés, où les références à Israël, à « la Palestine » ou à Gaza servent de justification, de prétexte ou d’habillage politique à des actes antisémites. Cette normalisation du discours anti-israélien contribue à légitimer le passage à l’acte et à installer durablement un climat de pression et d’insécurité pour les Juifs de France.






4 tendances majeures
se confirment et s'aggravent en 2025
Malgré le niveau exceptionnel et durablement élevé de l’antisémitisme depuis 2023, les grandes tendances observées depuis plus de vingt ans non seulement se confirment, mais s’accentuent en 2025.
1
L’antisémitisme vise d’abord
les personnes
En 2025, l’antisémitisme vise d’abord des individus et leurs proches : les atteintes aux personnes représentent 67,4 % des actes recensés, contre 65,2 % en 2024. Cette hausse confirme que la pression antisémite se traduit prioritairement par des faits dirigés contre des personnes, bien plus que contre des biens.
2
Les violences physiques dépassent le niveau record de 2024
Après une année 2024 marquée par un niveau record de violences physiques sur la dernière décennie (106 soit 10,4 % des actes), l’année 2025 enregistre une nouvelle hausse des agressions avec 126 de violences physiques, représentant 14,2 % des actes recensés.
Les passages à l’acte se multiplient et se durcissent : agressions plus fréquentes, parfois d’une grande brutalité, visant directement des personnes identifiées comme juives, adultes comme enfants. Cette évolution confirme que la violence physique demeure l’un des visages les plus préoccupants de l’antisémitisme contemporain.
3
La majorité des actes sont commis dans la sphère privée
En 2025, la sphère privée est le lieu le plus impacté : 30,5 % des actes y sont recensés. La voie publique demeure un espace fortement touché avec 17,8 %, tout comme les lieux publics, avec 14,1 %.
Ces chiffres confirment que les Juifs sont pris pour cible à la maison, au travail, dans la rue comme dans les lieux du quotidien (commerces, transports, espaces publics), c’est-à-dire dans leur vie la plus ordinaire.
4
Les actes antisémites touchent presque l’ensemble du territoire national
En 2025, des actes antisémites sont recensés dans 431 villes ou communes différentes et dans 88 des 101 départements français. Comme les années précédentes, la répartition géographique du phénomène ne se limite pas à quelques grandes métropoles.
L’antisémitisme concerne désormais presque tout le territoire national, des grandes agglomérations aux villes moyennes et petites communes, confirmant qu’il ne s’agit pas d’un phénomène localisé, mais d’une réalité ancrée dans l’espace français dans son ensemble.


La rhétorique anti-israélienne :
un catalyseur toujours central des actes antisémites
Les données présentées ici ne portent que sur les actes pour lesquels nous avons eu suffisamment de détails sur les propos prononcés par les auteurs. De nombreux cas, pour lesquels nous ne disposions pas de l’ensemble des informations concernant les propos tenus par les auteurs, n’ont pas été qualifiés comme liés à la thématique Israël / Palestine. L’influence réelle de cette rhétorique est donc très probablement sous-estimée.
En 2024, le rapport montrait que l’instrumentalisation du thème palestinien fonctionnait comme un puissant catalyseur de l’antisémitisme, avec plusieurs centaines d’actes s’inscrivant explicitement dans ce registre. En 2025, cette dynamique se prolonge et se structure dans la durée.
-
Identifiée dans près d’un tiers (388/1320), parmi les situations suffisamment documentées quant aux propos, ce qui suggère une influence probablement sous-estimée comportent des références explicites à la Palestine : Gaza, « libération de la Palestine », « Intifada », accusations de « génocide », slogans importés des manifestations et de la rhétorique anti-israélienne radicalisée. Parmi ces 388 actes, 45 comportent également une apologie du djihadisme et 74 une apologie du nazisme.
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Ces références sont observées dans l’ensemble des contextes du quotidien : au domicile, dans l’espace public, à l’école, sur le lieu de travail, mais aussi lors d’événements juifs, ainsi que dans les menaces, inscriptions et messages diffusés en ligne, visant des personnes ou des sites communautaires.
Cette rhétorique anti-israélienne agit comme un cadre de légitimation des actes antisémites. Elle est notamment relayée par certaines dynamiques militantes : des segments de l’extrême gauche s’inscrivent dans la durée comme un vecteur de radicalisation, caractérisé par une focalisation sur Israël et la mise en cause de Juifs assimilés à son soutien.
Dans ce cadre, elle :
-
Diabolise et criminalise tous ceux qui ont un lien avec Israël ou sont simplement perçus comme tels, en les présentant comme appartenant à un « camp à abattre ».
-
Tend à réduire les Juifs à un ensemble homogène présenté comme « coupable », sur la base d’un lien avéré ou supposé, qu’il soit historique, culturel, spirituel ou familial, avec Israël, transformant cette relation en motif d’accusation et de mise en cause collective.
En recyclant des accusations mensongères et extrêmes (« génocide », « criminels », « nazis »), cette rhétorique construit une image déshumanisée des Juifs et ouvre la voie au passage à l’acte, qu’il soit verbal ou physique.
Indépendamment des opinions exprimées sur la politique de l’État d’Israël, aucune divergence politique ne peut justifier des actes visant une personne en raison de sa judéité, de son attachement réel ou supposé à Israël, ou de ses positions publiques. Le passage du débat politique à la mise en cause d’un groupe en tant que tel constitue l’un des ressorts majeurs de l’antisémitisme contemporain en France.


Ce graphique confirme que le recours à des références à la Palestine n’est plus un élément marginal, mais un ressort structurant de l’antisémitisme contemporain en France. La part des actes qui s’y rattachent se maintient à un niveau élevé, avec des pics nettement corrélés aux séquences d’hyper-mobilisation anti-israélienne (manifestations, campagnes médiatiques, polémiques politiques), davantage qu’à l’actualité immédiate du Proche-Orient. L’exemple du mois de septembre – marqué notamment par des rassemblements, des actions de « flottille » et plusieurs campagnes ciblées – illustre clairement cette dynamique.
Cette rhétorique anti-israélienne se déploie aussi au coeur de la vie culturelle juive : concerts d’artistes israéliens ou français associés à Israël, événements organisés par l’Agence juive, rencontres et festivals. Plus d’une quarantaine d’événements culturels ont fait l’objet de campagnes de harcèlement et de menaces menées par des activistes anti-israéliens, dont près de la moitié se sont traduites, le jour même, par des actions concrètes : tentatives de perturbation, usage de fumigènes à l’intérieur des lieux, blocages, intrusions, dégradations ou pressions physiques aux abords.
Il apparaît que cette proportion d’actes, associés à une rhétorique se référant à la cause palestinienne, ne s’établit jamais à un niveau « résiduel » : même en dehors des séquences de crise ou des grandes mobilisations, une fraction significative des actes antisémites continue de s’appuyer sur des slogans, des images ou des récits liés à l’instrumentalisation du thème palestinien. Autrement dit, la rhétorique anti-israélienne ne produit pas seulement des flambées ponctuelles de violences ; elle alimente un climat de fond durablement hostile envers les Juifs en France.
Instrumentalisation religieuse et
radicalisation islamiste
En 2025, certains actes antisémites recensés s’accompagnent de références explicites à un registre islamiste ou de formules religieuses instrumentalisées à des fins d’intimidation (invocations, menaces, cris tels que « Allah Akbar »). Ces occurrences apparaissent ponctuellement dans des contextes où la rhétorique anti-israélienne la plus radicalisée ne se limite plus à une dénonciation politique, mais glisse vers une lecture religieuse et guerrière du conflit, nourrissant une hostilité directe envers des Juifs pris pour cibles en tant que tels. Il convient, à cet égard, de distinguer clairement l’islam religion de l’islamisme et du djihadisme, idéologie politico-religieuse portée des réseaux radicalisés ou des individus : ceux-ci ne sauraient être confondus avec les musulmans dans leur ensemble, ni servir de prétexte à une quelconque stigmatisation.
Cette dimension apparaît également dans des projets de nature terroriste, déjoués : fin novembre 2025, deux mineurs âgés de 16 ans ont été interpellés puis mis en examen à Paris, à l’issue d’une enquête suivie par le PNAT, pour « participation à une association de malfaiteurs terroriste » en lien avec un projet d’action violente visant un lieu de culte juif, repérés notamment à partir d’échanges sur messageries (dont WhatsApp) et de références à l’idéologie de l’État islamique. Cette évolution est d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans un contexte de rajeunissement de certaines trajectoires et de radicalisation en ligne, où les échanges en messageries et la consommation de contenus de propagande peuvent accélérer le passage d’un discours haineux à un projet d’action. Les autorités ont rappelé ces derniers mois que la menace demeure élevée et que plusieurs projets ont été déjoués, ce qui impose de traiter ces signaux avec le plus grand sérieux.
2025 : un antisémitisme diffus, ancré dans la vie de tous les jours
En 2025, les actes antisémites s’observent dans l’ensemble des espaces de vie des Juifs de France et s’inscrivent dans leur quotidien le plus ordinaire. Les données montrent une répartition significative des faits entre la sphère privée, les lieux publics, la voie publique, et le milieu scolaire avec des niveaux qui demeurent durablement élevés. Cette cartographie permet de mieux comprendre où l’antisémitisme s’exprime.

Les actes antisémites commis dans la sphère privée en première ligne représentent 30,5 %
La sphère privée (habitation, voisinage, cercle familial ou amical, milieu professionnel, réseaux et échanges numériques privés) concentre la part la plus importante des actes, avec 30,5 %.
Les victimes sont visées chez elles, dans leur immeuble, par des voisins, collègues ou connaissances, mais aussi via des appels, des messages ou des groupes privés en ligne.
L’antisémitisme ne reste plus « dehors », il s’invite au domicile, au travail et dans les échanges personnels.

Les actes antisémites commis dans les lieux publics et les espaces collectifs représentent 14,1 %
Les lieux publics (commerces, transports, infrastructures sportives, services publics, lieux de culture ou de loisirs) concentrent 14,1 % des actes.
On y observe insultes, menaces, refus de service, dégradations ou marquages visant des personnes juives ou des symboles juifs.
Ces situations montrent que, dans certains contextes, l’accès aux services ou aux lieux de sociabilité peut être entravé pour les Juifs, alors même qu’il s’agit d’espaces censés être ouverts à tous.
La voie publique, théâtre d’agressions ordinaires – 17,8 % des actes
Les actes antisémites commis sur la voie publique (rues, trottoirs, places) représentent 17,8 %
Des personnes identifiées comme juives en raison de leurs signes religieux de leur tenue, ou de leur langue y sont visées par des Insultes, provocations, menaces, parfois violences physiques ou jets de projectiles.
La rue reste ainsi un lieu d’exposition majeur, où l’antisémitisme s’exprime de manière brutale et souvent opportuniste, au hasard des rencontres et des déplacements.
Ces situations montrent que, dans certains contextes, l’accès aux services ou aux lieux de sociabilité peut être entravé pour les Juifs, alors même qu’il s’agit d’espaces censés être ouverts à tous.

Les actes antisémites recensés dans le milieu scolaire, un espace de vulnérabilité spécifique – 13,1 % des actes
Les atteintes en milieu scolaire (écoles, collèges, lycées, enseignement supérieur) représentent 13,1 % des actes recensés.
Élèves et étudiants juifs y subissent insultes, moqueries répétées, mises à l’écart, menaces, voire agressions, souvent nourries par des discours anti-israéliens ou complotistes.
Ces situations sont particulièrement préoccupantes, car elles touchent des enfants et des jeunes dans un lieu qui devrait être d’abord un espace d’apprentissage, de protection et de dialogue.

Les actes antisémites commis les sites communautaires, cibles symboliques – 22,9 % des actes
Les sites communautaires juifs – synagogues, écoles juives, commerces communautaires, associations – concentrent eux aussi une part significative des actes antisémites.
Inscriptions, dégradations, menaces ou perturbations d’événements ne visent pas seulement des bâtiments : il s’agit moins de frapper un individu isolé que de faire pression sur la vie juive dans son ensemble, de dissuader la participation aux offices, aux activités associatives et aux événements culturels, et de fragiliser le lien social, identitaire et religieux.
Discriminations dans la vie professionnelle et sociale
Parallèlement, une tendance préoccupante s’installe : celle de la discrimination à caractère antisémite dans la vie professionnelle et sociale.
Le SPCJ reçoit un nombre croissant de signalements – souvent sans dépôt de plainte – relatifs à des refus de service (chauffeurs, commerçants), des refus de contrat (assurances, locations) ou des formes d’exclusion plus discrètes dans certains milieux professionnels.
Même lorsqu’elles restent difficiles à établir juridiquement, ces situations convergent vers un même constat : pour une partie des Juifs de France, l’accès à certains biens, services ou environnements professionnels peut être fragilisé en raison de leur identité réelle ou supposée.
Haine antijuive en ligne (publications et contenus publics)
Phénomène massif et structurant, qui diffuse des stéréotypes, banalise l’hostilité et contribue à légitimer le passage à l’acte. Nos données restent toutefois partielles, une large part des contenus ne donnant pas lieu à une démarche pénale (plainte, main courante, saisine du parquet) n’entrent pas de facto dans le périmètre du recensement. Cette sous-documentation ne reflète pas l’ampleur réelle du phénomène, mais confirme la nécessité de renforcer l’identification, le signalement et le traitement des contenus antisémites en ligne.
Un antisémitisme diffus, mais clairement identifié
Pris ensemble, ces éléments montrent qu’en 2025, l’antisémitisme n’est plus cantonné à quelques « lieux à risque » : il se diffuse dans différents espaces de la vie quotidienne – domicile, travail, école, rue, sites communautaires.
L’objectif de ce travail n’est pas de nourrir
un sentiment de fatalisme, mais de
rendre visible la réalité des faits afin de renforcer,
avec l’ensemble des acteurs concernés,
la protection, la vigilance et la solidarité autour
des Juifs de France.
L’antisémitisme dans le milieu scolaire :
un phénomène massif, sous-documenté


En 2025, sur l’ensemble des actes recensés, les actes dans le milieu scolaire (écoles, collèges, lycées, universités) restent dans des proportions globales similaires à celles de 2024, mais avec une évolution des proportions entre les niveaux scolaires :
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Les lycées et l’enseignement supérieur enregistrent une hausse des actes (propos, menaces, inscriptions, violences),
-
Le primaire et le collège restent fortement touchés, avec des volumes qui se stabilisent à un niveau élevé.
Derrière les chiffres, les situations rapportées décrivent un antisémitisme du quotidien à l’école :
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Insultes répétées et mises à l’écart d’élèves juifs,
-
Menaces ou intimidations en lien avec Israël et la Palestine,
-
Inscriptions dans les toilettes, sur les tables ou aux abords des établissements,
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Pressions dans certaines classes lorsque des élèves sont perçus comme « pro-Israël » ou « sionistes ».
Comme les années précédentes, un écart important persiste entre :
-
Les actes ayant donné lieu à dépôt de plainte, donc officiellement recensés et,
-
Les signalements internes à l’Éducation nationale et à l’Enseignement supérieur, dont une large part est traitée via des procédures administratives sans procédure pénale. Sur l’année scolaire 2023-2024, 3 630 actes racistes et antisémites ont été recensés dans les écoles du premier et second degré (primaire à lycée), selon le ministère de l’Éducation nationale. 1670 de ces actes étaient antisémites (soit près de la moitié des actes racistes/antisémites signalés). Notre recensement faisait état de 192 actes antisémites sur l’année en question.
Les mêmes difficultés structurelles demeurent :
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Sous-dépôt de plaintes, par peur de stigmatiser l’enfant ou de dégrader la relation avec l’établissement,
-
Procédures de signalement hétérogènes selon les académies, les équipes de direction ou les universités,
-
Manque de transparence sur les suites disciplinaires réellement engagées.
Cette combinaison – volume important de faits rapportés, montée des actes au lycée et à l’université, et traitement des signalements insuffisamment harmonisé – contribue à installer un sentiment d’insécurité durable chez les élèves et étudiants juifs.
Elle fait également peser un risque de banalisation d’un antisémitisme « de couloir » ou « de cour de récréation ».
Au-delà du recensement, se pose aussi la question des sanctions effectives dans le milieu scolaire. Dans de nombreux cas, comme pour le harcèlement, le panel de réponses disciplinaires réellement mises en oeuvre à l’Éducation nationale reste limité : les exclusions définitives sont rares, les mesures sont souvent temporaires ou symboliques, et il n’est pas exceptionnel que ce soit finalement la victime qui change d’établissement pour retrouver un climat plus serein. Cette situation contribue à donner le sentiment que les auteurs sont peu exposés aux conséquences de leurs actes, tandis que la charge de « s’adapter » et de se protéger repose largement sur les élèves et les familles victimes.


Harmoniser les procédures de recensement : une condition pour mieux agir
Au vu de ce constat, une harmonisation des procédures de signalement apparaît indispensable.
Les actes antisémites portés à la connaissance du ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur devraient faire l’objet d’un signalement systématique au ministère de l’Intérieur, afin qu’ils soient pleinement intégrés au suivi national des violences et menaces antisémites.
Cette exigence de cohérence concerne également d’autres secteurs clés :
-
Le milieu carcéral, placé sous la responsabilité du ministère de la Justice
-
Les signalements d’actes et de contenus antisémites en ligne, transmis à la plateforme PHAROS.
Une meilleure articulation entre ces différents
canaux de signalement permettrait
de mieux mesurer la réalité du phénomène,
d’en suivre les évolutions et de renforcer,
de façon ciblée, les réponses de
protection, de prévention et de sanction.


Qu'est ce que le SPCJ ?
Le SPCJ, Service de Protection de la Communauté Juive a été créé en 1980 au lendemain de l’attentat de la rue de Copernic à Paris, d’une volonté commune des institutions juives de France.
Le SPCJ est une organisation apolitique, à but non lucratif. Sa vocation exclusive est la protection de la vie juive dans toute sa pluralité.

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